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FroloX
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Bataille de Zelbross
Binsabîl se fondit dans les herbes hautes, épousant les contours du rocher pour mieux disparaître aux yeux des archers. Il pu ainsi contourner les positions ennemies.
Mais le bouclier naturel était bien plus imposant qu'il l'aurait cru de prime abord, le séparant des combats de longues secondes, qui lui parurent une éternité.
Enfin, lorsqu'il émergea d'un petit bosquet de noisetiers, guidé par l'odeur âcre de la fumée, il eut une vue plongeante sur le champ de bataille.
L'incendie avait encore pris de l'ampleur et les archers restants n'étaient plus là. Par contre, contournant les flammes par le sud, des renforts allaient grossir les rangs des assaillants !
Le guerrier en compta une vingtaine, à trente mètres devant lui...
Voyant les renforts qui viennent, Binsabîl jette un oeil vers la caravane et compte une dizaine de gardes restants, déjà aux prises avec un groupe égal de brigands, et qui seront bientôt largement dépassés.
Le guerrier d'expérience sait que ce ne serait pas du courage d'affronter seul un tel surnombre, tout comme ce n'est pas de la couardise de vouloir l'esquiver. Il grimpe sur le rocher en s'appliquant à ne pas être découvert par l'ennemi en contrebas, et tente de prévenir la caravane en faisant de grands signes des bras, mais sans grand espoir. À moins que le sorcier ait encore quelques pouvoirs magiques formidables à leur lancer dessus, l'issue du combat semblait inéluctable.
Binsabîl saute avec grâce pour éviter les trous qui grêlent la surface du rocher et parvient là où il pense être le plus visible de la caravane... et le moins des renforts. Ceux-ci longent l'incendie, profitant du couvert de la fumée pour prendre les défenseurs par surprise.
Alors, faisant de grands gestes, il essai de se faire voir et de faire comprendre le danger imminent !
Les dieux des Zentharims veillaient sur eux semble-t-il, car le bédouin vit le mage de la caravane tourner la tête vers lui après quelques longues secondes à gesticuler.
Malgré la distance, il sembla à Binsabîl qu'il avait compris !
Aussitôt, il donna des ordres et deux guerriers vinrent lui donner le l'air, lui permettant de monter sans risque sur le chariot de tête. De là, faisant face au feu, il psalmodia un sortilège dont il avait le secret.
Les premiers brigands firent irruption des fumées sans un bruit, prêts à fondre sur leurs proies.
A ce moment, une puissante rafale de vent naquit des doigts tendus du Zenth, atteignant les flammes qui léchaient tranquillement les herbes sèches. Aussitôt atisées, elles rugirent, s'élevant à plusieurs mètres dans les airs. Le guerrier ressentit la chaleur soudaine de sa position, alors que des hurlements en contrebas témoignaient de l'efficacité de la tactique.
La flambée subite retomba rapidement, laissant apparaître les corps calcinés de trois des bandits. Deux ou trois autres se relevaient après s'être roulés pour étouffer les flammes.
Cela laissait près d'une quinzaine, qui avait évité l'assaut du feu.
Hurlant à plein poumons, ils s'élancèrent comme un seul homme, marquant une pause par groupe de cinq ou six pour lancer des salves de javelines sur les derniers défenseurs de la caravane. Deux combattants mordirent la poussière dans le camp de Binsabîl !
Y avait-il encore un espoir ?
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