Nouveau monde ou paradis perdu ?

Qualité de l'interprétation du personnage (RP) Allant de 1 à 5 :
  • 1 : Interprète très mal son personnage, en contradiction avec son alignement, etc...
  • 2 : Interprète assez mal son personnage, (vague omniscience, utilisation d'informations hrp)
  • 3 : Interprète correctement son personnage.
  • 4 : Interprète bien son personnage et le fait évoluer, utilise ses traits, son background, etc...
  • 5 : Interprète très bien son personnage et lui donne une personnalité identifiable qui contribue à en faire un personnage mémorable.
Qualité de jeu en groupe, de 1 à 5 (jeu) :
  • 1 : Ignore ou empêche le groupe de faire évoluer les situations qui sont crées, qu'elles soient utiles au scénario ou non.
  • 2 : Ignorer ou empêche un joueur ou le MJ de faire évoluer les situations qu'il créé.
  • 3 : Joue dans le sens du groupe.
  • 4 : Permet à un autre joueur ou MJ de faire évoluer ou de créer des situations de jeu ensemble.
  • 5 : Permet au groupe de faire évoluer ou de créer des situations de jeu ensemble.
Qualité de forme (qualité) de 1 à 5 :
  • 1 : Fautes de français nombreuses et non respect des conventions d'écriture.
  • 2 : Lecture globalement désagréable ou peu compréhensible.
  • 3 : Qualité correcte.
  • 4 : Bonne qualité d'écriture, inventivité, synthétique ou facilement compréhensible.
  • 5 : Très bonne qualité d'écriture, style propre.
Elindine d'Enumasam
Elindine d'Enumasam

Plus lourde des précieux documents et des quelques possessions de feu son époux, Elindine se glissa par le passage vers l'extérieur : un ingénieux dispositif qui avait bien dû faire baver Nedru. S'était-il imaginé possédant tout un réseau de hangars aussi astucieusement agencés au port de la Cité-Franche ? Sans doute... Mais Elindine ne devait pas penser à ça, pas maintenant.

La roublarde s'efforça de détourner ses pensées du meurtre tout récent dont elle était l'autrice et de la sensation écœurante du sang séchant sur ses vêtements. À la place, elle tâcha de se concentrer sur leur tâche présente : fuir dans un lieu sûr. Facile à dire, Elindine avait bien entendu le barouf depuis la salle d'étude et même la silhouette d'Irina (probablement) voltigeant au dessus d'eux ne parvint pas tout à fait à la rassurer. Y avait-il encore un endroit dans cette maudite ville à l'abri de toutes les volonté meurtrière que Fëanor et elle canalisair présentement ? Pouvaient-ils rentrer chez la mère de famille dès maintenant ? Elle soupira brièvement, hocha la tête vers Fëanor et le suivit dans la ruelle.

Le prêtre finit par lui proposer quelque chose : faire en sorte qu'Irina vienne à eux ou au moins lui signaler leur présence. Risqué, mais intéressant, peut-être autant pour eux que pour elle. Tout en continuant à courir aussi silencieusement que possible, concentrant au moins son ouïe pour continuer à suivre leur monte-en-l'air, Elininde répondit en chuchotant :

"On peut essayer, mais juste avec un clic bref, pas plus. Si elle ne peut ou ne veut pas nous rejoindre il faudra faire sans."

Tout en essayant de suivre "Irina" sans foncer dans d'éventuels gardes, Elindine essaya de réfléchir à si elle avait repéré un endroit qui pourrait leur servir de planque, au moins pour cette nuit et la journée suivante, quelque part en ville. Jusqu'ici ils avaient toujours pu compter sur les ressources d'habitants soucieux les trouvant utile à leur cause, mais à présent il faudrait peut-être faire sans.

02/06/2024 22h07
Nezami
Nezami

Ils attendirent d'avoir tourné l'angle de la ruelle pour que Fëanor sorte une nouvelle fois son clic pour l'utiliser d'un coup très rapide. Ils remirent ensuite en route non sans avoir jeté un œil en arrière. Visiblement, ils n'étaient pas suivis pour le moment, mais du remue-ménage se faisait du côté de l'entrée principale. Ce n'était qu'une question de temps pour qu'un groupe de soldats ne rappliquent dans les environs. Il fallait donc mettre les bouts en vitesse.

Il poursuivirent leur chemin dans la ruelle, tout droit, jusqu'à une croisement. La ruelle se divisaient en une patte d'oie. Sur la droite, ils aperçurent la forme féline de leur compagne qui descendait précautionneusement d'une maison basse. Arrivée à leur niveau, elle les regarda un moment, silencieuse, le regard oscillant en reproche et complicité :

- En toute discrétion, fit-elle simplement pour résumer leur soirée. ça valait bien la peine de me faire la leçon pour épargner des sentinelles qui pourraient maintenant nos reconnaître...

Sans plus attendre, elle posa sa bandoulière et ses armes au sol pour retirer sa tunique :

- dépêche-toi d'enlever ta chemise, "Suenia", pendant que "Fanny" monte la garde. Je serai plus discrète que vous deux alors... Quitte à avoir l'air d'avoir pris un bain de sang, mieux vaut que ce soit moi.

Elle lui jeta sa tunique et se couvrit la poitrine en attendant la réciproque. Même à ces latitudes, les nuits étaient fraiches... à moins que ce ne fut de la pudeur.

- Au cas où vous y pensiez, ne repassez pas chez moi. Trop dangereux. Chez Vittorio non plus. Surtout si vous avez réussi votre coup et récupéré ce que vous aviez à prendre dans le hangar. Trouvez-vous une planque déserte, n'en sortez pas tout de suite, et que l'une d'entre vous vienne nous trouver Vittorio ou moi, en pleine journée, seule, naïve et désargentée. On avisera alors.

Dès que la roublarde lui eut transmis de quoi se vêtir, elle reprit ses affaires et tendit les mains vers un renfort de métal qui semblait éviter l'effondrement d'un petit garage. Elle s'apprêtait à remonter vers les toits.

- Bon courage à vous, les filles !

03/06/2024 12h17
Elindine d'Enumasam
Elindine d'Enumasam

Elindine observa les petites piques d'Irina d'un œil fatigué. Sa dernière remarque sur l'état de sa chemise fut accueillie avec un soupir amer, mais elle n'ajouta rien, échangeant plus que volontier son vêtement ensanglanté contre la tunique de leur alliée. Ne plus être entièrement recouverte du sang de Nedru avait le mérite de ne pas lui rappeler sa mort à chaque mouvement. La roublarde défit le lassage de son col et le passa par dessus sa tête pour se dévêtir, sans chercher à se couvrir. Les nuit moites d'Acoatl lui semblaient estivales, comparées à celle du Cyfandir, et sa pudeur se tenait proche du zéro de toute manière, elle voulait juste faire ça vite.

Une fois l'échange effectué, Elindine se contenta de noter mentalement les portes qui se fermaient à Fëanor et elle, ravalant un juron à l'idée des objets qu'elle avait stocké chez Irina en pensant pouvoir récupérer sa propriété par la suite. Mais elle ne dit rien. Peu importait la légitimité de ses réserves, elles étaient probablement mesquines face à la sûreté des deux enfants de la mère. Alors, sans même regarder le départ de leur étonnante alliée alors qu'elle escaladait à nouveau les étais pour regagner les toits, Elindine bifurqua en direction du port. Pendant ses errances en ville, elle avait remarqué un certain nombres de bâtisses abandonnées dans le quartier du port, l'une d'elle ferait sans doute l'affaire, tant qu'ils n'y restaient pas trop longtemps. Avec un peu de chance, la proximité des remparts et les rumeurs sur les noyés tiendraient les moins courageux à distance et laisseraient seulement venir les plus bêtes.

D'un pas leste et silencieux, elle entraîna Fëanor dans un réseau de ruelles etroites, prenant le chemin le plus sûr pour semer n'importe qui et rester le plus discret possible. Heureusement pour eux, la plupart des maisons avaient été bâties à la manière de la Cité-Franche, une architecture familière pour Elindine. Alors, comme guidée par un instinct surnaturel, la roublarde se coula dans les rues, observant les façades, les portes, les fenêtres, les accès aux rues, la hauteur des toits, cherchant la meilleure planque comme un rat son trou pour échapper aux chats du boulanger, à la souricière et aux humeurs belliqueuses de ceux prêts à tuer pour avoir un peu plus.

[Jet de survie avec avantage + assistance divine : 19 + 1 = 20]

Console R.P.

Lancé de 1d20+5 ~ [14] : 19

Lancé de 1d20+5 ~ [1] : 6

Lancé de 1d4 ~ [1] : 1

03/06/2024 22h01
Fëanor de Torea
Fëanor de Torea

Elle les avait entendu ! L'ombre qu'ils avaient vu sauter sur le toit les rejoignit lorsqu'ils eurent atteint le prochain croisement. Fëanor fut rassuré, il s'agissait bien d'Irina.
Mais il n'eut pas le temps de lui poser les questions qu'il avait en tête car elle s'en chargea elle-même, plaçant les petites piques dont elle avait le secret.

Merci, je ne me sentais pas assez coupable... se fit-il intérieurement.

Etait-ce d'ailleurs la bonne voie ? Il devait bien y avoir un moyen d'embellir ce monde sans recourir au meurtre et à la violence... Semer la mort ne ferait qu'entretenir la spirale infernale de la vengeance et de la haine ! N'est-ce pas ?

Répondant à Irina par un pauvre sourire, Fëanor jeta un oeil rapide vers la ruelle d'où il venaient... sans rien voir. Les gardes avaient-ils décidé de rester sur place ? Étaient-ils partis dans une autre direction ?
La seconde suivante, revenant à ses interlocutrices, il découvrit une jeune femme à moitié dénudée...
Cramoisi, le prêtre se tourna instantanément et fixa intensément la ruelle !

- Je ne... Hum... Désolé je... bredouilla-t-il en cherchant ses mots et son souffle.

Toujours personne en direction du hangar... Cela devenait suspect ! Il écouta d'une oreille les conseils de leur guide, n'osant plus se retourner pour le moment.

Finalement, quand ils repartirent, ils avaient une destination.
Comme il le pensait, ils ne pourraient pas se rendre chez Vittorio ou Irina.
Le duo avança à travers les ruelles, le prêtre donnant des conseils à la rôdeuse quand il reconnaissait les lieux, lui évitant certains culs de sac ou rue trop exposée.
Il avait l'intime conviction d'être suivi, aussi firent-ils de nombreux détours, profitant de toutes les astuces qu'ils connaissaient pour semer d'éventuels poursuivants ou espions.

Console R.P.

Lancé de 1d20+6 ~ [5] : 11

Lancé de 1d20 ~ [15] : 15

Lancé de 1d8 ~ [6] : 6

Edition 06/06/2024 10h12 par FroloX
04/06/2024 23h05
Elindine d'Enumasam
Elindine d'Enumasam

Finalement, après un moment à fouiller les ruelles et avec les indications de Fëanor, Elindine identifia deux options viables pour leur refuge : un grenier et une cave. Les deux avaient leurs avantages et inconvénients, et sans doute que la cave en elle-même était plus sûre : plus discrète, plus protégée, mais la voleuse et le prêtre en avait eu assez des terriers sombres pour toute une vie et plus encore une seule journée après avoir passé un trop long moment dans un sous-sol. Elindine frissonna et regarda le jeune homme avec un sourire forcée.

"Je ne sais pas pour toi, mais je ne peux pas passer encore une nuit dans un lieu pareil." euphémisa-t-elle.

Le melessë semblait de son avis. De toute manière, dans un premier temps, il fallait dormir. Un grenier aurait sans doute de vieux sacs de toile pour faire une couche correcte et ils pourraient faire deux cycles de 4h de sommeil chacun pour être bien reposés, quitte à ne pas avoir le ventre plein. Elindine soupira, chaque chose en son temps.

Console R.P.

Lancé de 1d20 ~ [3] : 3

05/06/2024 08h11
Nezami
Nezami

Les deux compères filaient dans la nuit claire de Laälmath. La lune commençait doucement à descendre et les ténèbres s'approfondissaient encore alors qu'ils cherchaient leur chemin efficacement, tels des ombres, dans les rues désertes. Revenus rapidement et sans heurt dans le quartier du port, il avaient fait quelques tours dans des rues qu'ils connaissaient pour trouver un lieu tranquille. Leur dernière expérience des sous-sol les avaient éloignés d'une cave assez bien sécurisée dans une impasse déserte. Ils y avaient préféré un petit grenier plus aéré donnant sur un rez-de-chaussée encombrée. Une entrée intérieure, une autre extérieure, plusieurs fenêtre. a multiplicité des voies de sortie avait clairement été privilégiée.

A bien y regarder, ces rues n'étaient pas si désertes. Certes, aucune milice nocturne ne faisait de maraude dans ce genre de quartiers, mais il n'y avait pas pour autant "personne". Des formes saillaient ça et là. Des ombres nocturnes, tristes, fragiles, cassantes, trouvaient un repos précaire sous une arche, sur un pas de porte, dans une impasse. Ces indigents n'étaient pas très nombreux mais ils existaient, oubliés de tous.

Elindine avait l'habitude des rues et des peuples des villes. Et Fëanor connaissait bien la misère et ses maux. Tous deux comprirent assez vite que leur petit manège était palpable pour ces créatures frêles et brisées par le système. Lorsqu'on peut vous voler vos maigres possessions à tout moment, le plus léger des pas vous alerte. Votre capacité à dormir d'un seul oeil est décuplée. Il n'était donc pas exclu que ces malheureux fassent office de mouchards. Soit pour obtenir quelques subsides des autorités, soit simplement parce qu'ils seraient sans doute interrogés sans douceur à un moment ou à un autre. Il ne fallait donc pas se faire voir en pénétrant dans la planque !

Pour ce, ils choisirent les toits. Malgré leur fatigue, leurs membres désormais rompus aux activités aériennes les portèrent avec beaucoup d'aisance. Un petit appentis leur servit de marchepied. Puis de toits en toits, ils parvinrent jusqu'au grenier. La porte n'était pas verrouillée. Derrière, en revanche, un petit loquet avait été ajouté. Dernièrement, cette pièce avait dû devenir un logement à part entière... avant d'être désertée.

Il n'y avait aucun mobilier mais trois paillasses qu'ils purent utiliser sans faire les difficiles. leurs corps épuisés les lâchait finalement. Fëanor se précipita dans une rêverie qui ressemblait presque à un coma. Elindine, elle, se laissa tomber sur la paille pour n'en plus bouger. Pour autant, le sommeil ne la trouvait pas. Trop d'images dansaient dans sa tête. Trop d'émotions contradictoires. Trop de choses qui avaient changé en quelques semaines, en quelques jours, en quelques heures. Elle s'endormit avec les premières lueurs de l'aube alors que le demi-elfe ouvrait doucement un oeil embué.

FIN DU CHAPITRE

Console R.P.

Distribution de 633px (Notes) à Fëanor de Torea

Distribution de 531px (Notes) à Elindine d'Enumasam

Distribution de 1000px à Elindine d'Enumasam

Distribution de 1000px à Fëanor de Torea
Fëanor de Torea gagne un niveau !

Edition 05/06/2024 23h50 par Nezami
05/06/2024 23h29
Nezami
Nezami

CHAPITRE IV


Alors que le soleil se levait et que la voleuse s'endormait d'épuisement, ses hantises s'échappant finalement de guerre lasse, Fëanait eut tout le temps d'étude l'étroit espace qu'ils occupaient. Mais à vrai dire, il passa surtout le plus clair de son temps à méditer et à se concentrer sur sa foi. Il avait le sentiment que ces expériences l'avaient renforcé, donné plus d'assurance et de confiance de sa déesse. Il prit le temps d'explorer tous les recoins de son corps pour détendre ses muscles et ses articulations. En même temps, il surveillait le sommeil de son ami. Quelques tressautements se faisaient parfois sentir. Pourtant il semblait que ses traits s'apaisaient. Elle aussi semblait avoir changé en quelques semaines.

Elle s'éveilla finalement en début d'après-midi et les deux amis purent enfin explorer les lieux. Un peu plus de quatre mètres de large sur une dizaine de longueur. Trois paillasses s'étendaient le long des murs sur tout un côté du grenier. De l'autre côté, quelques débris de caisses, un tonneau vide, la porte qui donnait sur l'escalier et, au fond, la petite trappe d'accès à l'étage inférieur. Les fenêtres étaient légèrement entrecroisées mais une lumière chaude traversait la pièce par la fenêtre du côté de l'escalier. Toucher aux paneaux de bois qui la fermait paraitrait nécessairement suspect. Il faudrait sans doute modifier au minimum cette partie, mais l'espace proche de la trappe offrait une lumière indirecte autant qu'un abri des regards. En effet, l'autre fenêtre donnait sur un mur à guère plus d'un mètre de distance. Elle pourrait, au besoin, offrir une issue vers le haut ou le bas, mais peu d'éclairage.

En dessous, la masure sentait le moisi. La seule ouverture était une vieille porte qu'il valait mieux éviter d'ouvrir autant que possible. ses coins partaient en lambeau, ses gonds couinaient, l'embrasure avait du jeu... D'ancienne fenêtres aujourd'hui calfeutrées offraient une voile lumineux qui permettait de s'y déplacer normalement, mais qui serait difficile à supporter pour étude durable de textes écrits - même pour un mëlesse. Il faudrait coupler des temps courts de lectures à des temps longs de repos pour ne pas mettre sa vue en danger.

Et c'était oublier que cette pièce était une véritable remise. Plus vaste que le grenier au-dessus, elle paraissait toutefois plus petite tant l'amas de caisses, d'armoires, de vieux meubles en tous genres et d'étagères la rendait difficile à circuler. Vers la porte, l'espace était un peu plus dégagé et ménageait une sorte de coin repas avec une table ronde et des chaises. dans le mur oppose à la trappe était aménagé un petit espace qui avait dû faire office d'âtre.

Les deux âmes égarées avaient bien des choses à penser à organiser dans les heures à venir. Il leur faudrait aussi continuer à panser leurs plaies à l'âme sans perdre de vue leur objectif. Pour espérer quitter cet endroit un jour, il faudrait trouver la relique arrachée à la cité enfouie dans la forêt. Il faudrait aussi mieux comprendre quelle était cette entité qui y résidait et qui semblait si puissante. Enfin, décider d'une stratégie pour faire en sorte qu'elle cesse d'emprisonner cette cité dans ses propres contradictions. Le tout dans un contexte explosif au sein même de la ville de Laälmath, de plus en plus soumise à la famine et aux tensions entre classes sociales.

Edition 06/06/2024 23h10 par Nezami
06/06/2024 23h10
Elindine d'Enumasam
Elindine d'Enumasam

Le lieu qu'ils investirent n'était pas parfait, mais il était vide de présence humaine et les trois paillasses à peu près en bon état étaient une bénédiction. Après un rapide tour de sûreté pour s'assurer que la mansarde et son rez-de-chaussée étaient vraiment inoccupés, Fëanor et Elindine purent s'allonger. Le prêtre sombra presque immédiatement dans un profond sommeil. La jeune femme, elle, n'y parvint pas. Elle avait beau essayé de ne pas penser à Nedru et à un futur au delà de Laalmalt, ses pensées y revenaient invariablement.

Qu'allait-elle dire aux parents du sorcier ? Aussi pénible et retors ait-il été, son père et sa mère étaient d'honnêtes marchands et de bonnes personnes. Aussi généreux et intègres que puissent l'être des gens de leur rang à la Cité-Franche, en tout cas. Ils avaient offert la main de leur fils unique adoré à la fille cadette de sa famille, par amitié, pour les aider dans un moment difficile, même si Elindine avait été la plus mal placée pour apprécier le geste. Chez elle c'était tout de même un signe de loyauté plus que significatif entre les Galanterra et les Enumasan.

Pensivement, la roublarde sortie la pochette dans laquelle elle avait spécifiquement placé les affaires de feu son époux. Ses doigts effleurèrent la mèche de cheveux toujours nouée à sa chevalière et elle dut porter une main à sa bouche pour retenir un violent haut-le-coeur et ne pas réveiller Fëanor.

Après quelques minutes passées à essayer de calmer ses tremblements, Elindine retourna à son sac et en sortit l'alliance de Nedru. Elle retira délicatement la sienne de son doigt et les deux anneaux rejoignirent le médaillon d'or qu'elle portait à son cou. Elle n'avait pas aimé son époux, pas comme une femme est sensée aimer son mari en tout cas, pas vraiment non plus comme on aime un ami, ni comme on peut aimer un compagnon de couche.

Elle n'avait pas de respect pour ses origines ou son caractère, mais elle en avait eu pour ses objectifs, son ambition, ses qualités de partenaire en affaire. Nedru avait été un invariant de sa vie, du petit garçon gâté et franchement insupportable qu'on l'avait forcée à fréquenter parce que leurs parents étaient amis, à l'homme qu'elle avait dû épouser. Un adieu aurait été difficile à encaisser, que ce fût par sa propre main ajoutait une couche de culpabilité inattendue de par son épaisseur.

Elle lâcha un gros soupir et se décala légèrement auprès de Fëanor. Qu'est-ce qu'il pensait de ce qu'elle avait fait, lui qui rechignait à tuer un inconnu ? Il n'avait rien dit, mais elle n'avait pas vu non plus de jugement dans son regard clair... Elindine soupira à nouveau, puis sourit, avant de s'occuper comme elle pouvait en commençant à tresser méticuleusement les longs cheveux du prêtre, autant pour se détendre les doigts que la tête. Le geste la calmait, la ramenait à des moments simples et doux, avec sa sœur, avec la vraie Suenia, dont elle avait emprunté le nom comme pour la ramener en Acoatl, moins lointaine. Le petit frisson du risque, de voir combien de ces tresses compliquées elle pouvait faire, juste avec ses doigts, sans peigne ni lumière, sans réveiller le melessë si attentif, parvint enfin à faire le vide dans son esprit. Le défi l'occupa jusqu'à ce que ses gestes deviennent moins adroits et que le sommeil, finalement, la cueille au petit matin, roulée en boule sur sa couche.

Console R.P.

Lancé de 1d20+4 ~ [2] : 6

Lancé de 1d20+6 ~ [17] : 23

Edition 07/06/2024 09h54 par Elindine
07/06/2024 08h57
Fëanor de Torea
Fëanor de Torea

Epuisé, Fëanor avait sombré dans un profond sommeil. Agité certes, mais même la coiffure maladroite d'Elindine ne parvint à l'en sortir avant un long moment. Cette journée avait été bien plus éprouvante que le prêtre l'avait pensé. Mettre à mort un homme, qu'il avait côtoyé quelques jours auparavant, avait serré le coeur et l'âme du candide jeune homme.
Il ne pouvait qu'imaginer la douleur que la jeune femme ressentait en ce moment.

Ses rêves le ramenaient des années en arrière, sur l'île de Motunui. Sa mère, Míriel, lui chantait une chanson alors qu'il s'endormait paisiblement. Elle lui passait les mains dans les cheveux, lui souriant doucement.

Tu trouveras le maître du temps, je le sais, Nolwë me l'a dit. Écoute ton cœur et mes chansons...

La voix douce de la grande prêtresse du temps résonnait dans la tête de Fëanor. Se relevant d'un bond, ouvrant les yeux sur la lumière éclatante du jour, il s'écria...

- Mam... !

Aveuglé par le soleil qui inondait la pièce en cette fin de matinée, son esprit revenant au présent en un instant, il étouffa son cri avant qu'il ne monte trop haut...
Ils étaient en planque ! Il ne devait surtout pas être repéré avant qu'ils puissent étudier les documents si durement acquis. Et...

Par la main de glace de ma dame, que ? s'interrogea-t-il en sentant un poids dans son dos, tirant doucement sa tête en arrière.

Il passa la main dans son cou, puis dans ses cheveux... et découvrit la tresse faite par Elindine. Cherchant la fautive, il la trouva rapidement, juste à côté de lui, endormie.
Son ire se calma aussitôt devant le spectacle touchant qu'elle offrait. Un filet de bave s'échappait de sa bouche entrouverte. Son dos de travers, le manque de sommeil avait eu raison de sa résistance. La roublarde avait certainement veillée sur lui, s'occupant les mains comme elle pouvait pour tenir.
Fouillant la pièce du regard, il chercha de quoi la couvrir... Tout ici était moisi et sentait le rance. Il fallait oublier cette idée pour le moment. Alors tout doucement, il se releva, étirant ses muscles endoloris. Il devait faire attention de ne pas être visible par les fenêtres... Il hésita un instant, cherchant comment il pourrait l'installer un peu mieux.

- Merci Elindine pour avoir veillé sur moi. chuchota-t-il pour lui-même.

Il devait au moins poser sa tête sur le coussin de paille... Sinon elle se réveillerait avec le cou raide et le dos en compote !
Mais les dieux en décidèrent autrement. Son pied butta dans sa sacoche et il perdit l'équilibre. L'instant suivant, il s'affalait sur la pauvre Elindine !
S'écartant aussitôt...

- Pardon... Désolé... Je... se confondit-il en excuse.
" Je ne voulais pas te réveiller je...
" Mais quel maladroit je fais !

Les joues cramoisies, la tête basse, il ne savait pas où se mettre.

Elindine glapit sous le poids soudain d'un corps s'affalant sur elle et elle l'aurait fermement repoussé elle-même si Fëanor n'avait pas été plus rapide, s'écartant vivement comme on tire sa main d'une flamme.

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? chuchota-t-elle, l'air grogui et passablement perdue, mais rendue néanmoins assez alerte par la peur
" Quelqu'un vient ? Ils nous ont déjà retrouvé ?

- Non, tout va bien ! expliqua Fëanor juste assez fort pour qu'elle l'entende à travers le voile de son demi-réveil.
" Tu peux te rendormir. J'ai seulement trébuché... Pardon.

Elindine cligna des yeux, se rasséréna peu à peu. Elle fixa un instant le prêtre avec des yeux ronds et pouffa.

- Eh bah ! Je t'ai pas raté... fit-elle en défaisant une des plus petites tresses qui partait en épis d'une plus grosse.

La voleuse bailla longuement, se frotta un œil mollement, puis se retourna pour tenter de se rendormir dans une position plus confortable.

- Bonne journée... murmura-t-elle, d'une voix qui masquait une sorte d'inquiétude.

Fëanor se surpris à rester ainsi à la regarder se rendormir pendant de longues minutes. Ses pensées vagabondaient, listant leurs objectifs.

Tout d'abord, ils devaient faire quelques changements à leur planque, afin d'éviter de se faire repérer, mais aussi, profiter des lieux au mieux. Il allait falloir prendre d'infini précautions pour ne pas effectuer de changements extérieurs qui pourraient attirer l'attention ou trahir leur présence.

Par la suite, l'étude des documents allait l'occuper... Ainsi que les objets nouvellement acquis pour en comprendre le fonctionnement et apprendre leur utilité, dans la mesure du possible.

Le prêtre s'installa dans un coin de la pièce où il était sûr de ne pas être vu par les fenêtres, tout en gardant un oeil sur Elindine.
Il sortit les différents documents, et commença tout d'abord par les classer, pour repérer ceux les plus importants pour eux afin de les étudier en priorité.

Console R.P.

Lancé de 1d20+7 ~ [2] : 9

Lancé de 1d20+4 ~ [1] : 5

Edition 12/06/2024 22h45 par FroloX
07/06/2024 22h12
Elindine d'Enumasam
Elindine d'Enumasam

Pendant un temps, la fatigue sembla prendre le dessus sur ses rêves et Elindine parvint à dormir paisiblement. Mais alors que le jour progressait et avec lui la chaleur moite des rue de Laälmatl, le repos de la voleuse se troubla de cauchemars envahissants. Ses angoisses et les images de la veille se mêlèrent à des souvenirs plus anciens, la sensation poisseuse du sang à celle de la plaie étrange infligée par le poisson monstrueux. La voix de Nedru résonnait, la peur dans son regard et des questions. Comment pourrait-elle rentrer à la Cité-Franche après avoir avoir assassiné son propre mari ? Comment pourrait-elle faire face à la famille du jeune homme, ayant perdu leur fils unique de sa propre main ? Est-ce qu'elle allait seulement pouvoir revoir ceux qu'elle aime ? Si seulement elle survivait... Des excuses et des mensonges se formaient encore et encore dans sa tête, Elindine se tournait et s'agitait sur sa paillasse, cherchant désespérément à discipliner ses idées pour penser à autre chose, en vain. Alors elle soupira et ouvrit les yeux une bonne fois pour toute, renonçant à davantage de sommeil pour apaiser un peu son esprit angoissé.

La jeune femme roula silencieusement sur le flanc pour regarder Fëanor, penché au dessus des papiers, les classant avec soin. Un petit sourire en coin étira ses lèvres. Dans sa robe simple, il avait vraiment l'air d'une jeune femme humaine, si ce n'était le petit bout d'oreille pointue révélé par ses doigts, lorsqu'il y repoussa une mèche encombrante qui retomba presque aussitôt devant ses yeux. Et lui ? Que pensait-il d'elle à présent ? Elle étouffa un grognement. Depuis quand elle se souciait vraiment de son avis, au juste ? La coopération entre l'antiquaire voleuse et le mignon petit prêtre était plus une démonstration de leur esprit pratique et de leur manque d'options que d'une réelle complicité naissante, encore moins d'une loyauté durable.

Doucement, mais en faisant assez de bruit pour ne pas le surprendre, Elindine s'approcha du melessë, tirant sa paillasse pour s'asseoir en face de lui.

"Hey..." souffla-t-elle "Du nouveau ?"

18/06/2024 18h33
Fëanor de Torea
Fëanor de Torea

Fëanor n'avait pas chômé pendant les quelques heures du repos perturbé d'Elindine. Concentré à sa tâche, il avait néanmoins constaté le trouble de la roublarde, prisonnière du pays des songes et certainement de ses sombres pensées. Pourtant, il n'y avait rien qu'il puisse faire pour l'aider à son grand désarroi.

Le contenu des deux sacoches étaient maintenant soigneusement classés et il avait une idée plus précise de ce qu'il pouvait y découvrir ou en attendre. Louée soit Nolwë, il y avait là de quoi l'occuper pendant les jours à venir et l'espérait-il, répondre à leurs interrogations.
Rangés par catégorie, il avait tout d'abord trouvé plusieurs carnets de note, écrits en langue de la Cité Franche ou dans des patois approchants. Les premiers remontaient à plusieurs années et les derniers à quelques mois. Ils étaient organisés comme des chroniques, sans doute écrites par plusieurs personnes différentes. D'après son analyse rapide, il s'agissait de journaux des membres des expéditions de fouilles archéologiques.
Ensuite, il y avait trois volumes reliés en mode déco d'un recueil de nouvelles, appelé "Contes des mers et des sables". Écrit avec une très belle typographie, ils compilaient plusieurs histoires différentes de pirates, de palais dans des déserts, etc... La présence de ces ouvrages étonnait Fëanor, mais ils devaient bien avoir un intérêt pour Nedru, au delà de l'aider à s'endormir le soir. Peut-être qu'Elindine avait son idée sur le sujet.
La troisième pile contenait plusieurs livres de comptes et de registres du port. Ils étaient essentiellement composés de chiffres et d'inventaires des cargaisons. Peut-être permettraient-ils de suivre les excavations, mais plusieurs venaient directement de la chancellerie du gouverneur Holderling. De plus amples renseignements sur ce fameux gouverneur ne seraient pas du luxe.
A côté, cinq tablettes en bois étaient couvertes d'idéogrammes inconnus du jeune prêtre. Le bois, vieux, était en assez bon état, d'un rouge sombre veiné de noir. Un peu comme les troncs de certains arbres vus lors de leur escapade hors de la ville.
Non loin, il y avait un traité d'archéologie rédigé en Cyfand, un traité sur les grandes familles de Laälmath ainsi qu'un ouvrage assez lourd et ancien écrit à la main dans une langue codée d'arcaniste.
Fëanor se savait capable de décoder ce language, mais cela lui prendrait du temps.
Pour finir, cinq parchemins s'empilaient devant lui. Trois d'entre eux, écrits aussi en langue étrange, avaient dégagé une force magique latente qui nécessitait une étude approfondie. Les deux autres leur permettraient d'identifier des objets de fouilles et leurs propriétés "naturelles et extra-naturelles". Le prêtre en avait les yeux qui brillent d'avance et mourrait d'envie de les utiliser.

Il venait de reposer ces derniers lorsqu'Elindine se réveilla pour de bon.
En réponse à sa question, il désigna les documents organisés devant lui.

- Je vais avoir de quoi lire... Et toi aussi, si tu veux bien.
" Mes notions de Cyfand laissent à désirer...

Puis il désigna les parchemins.

- Les objets que nous avons récolté au hangar pourraient même nous révéler leurs secrets grâce à certains de ces rouleaux, expliqua-t-il.

Il préféra éviter le sujet de son sommeil, qu'il savait agité. Si elle voulait lui en parler, ce serait de sa propre initiative.

Edition 21/06/2024 15h29 par FroloX
21/06/2024 15h25
Elindine d'Enumasam
Elindine d'Enumasam

Le nez de la jeune femme se fronça immédiatement, quand le prêtre lui annonça qu'elle allait, elle aussi, devoir prêter main forte dans l'étude des documents. Elindine avait noté que le Cyfand de Fëanor était... Disons spécial. Mais elle avait tout de même espéré qu'il puisse lui épargner de plonger le nez dans tous ces bouquins. Elle n'avait pas fui la boutique d'antiquités et ses affreux livres de compte pour être forcé à en consulter d'autres, et même pas les siens en plus. Du coin de l'œil elle pouvait justement apercevoir une grille comptable typique des ports francs, dont la seule vision lui donna le tourni. Dans un gémissement plaintif, Elindine s'étendit sur sa paillasse.

"Je suis vraiment obligée ?" demanda-t-elle en levant des yeux de chien battu vers le melessë.

La voleuse n'avait pas exactement ce genre de charme là et les suppliques ne lui seyait guère. Si bien qu'elle arrêta très vite ses simagrées pour mieux gromeler.

"J'ai jamais aimé étudier. Je suis pas bête, mais..." elle laissa sa phrase en suspend, mais avec un peu d'attention Fëanor n'aurait pas pu manquer l'ombre qui passa un brièvement dans les prunelle mordorés, avant qu'elle ne secoue la tête, chassant l'idée noire pour finalement reprendre "En tout cas il est hors de question que je me farcisse cette paperasse le ventre vide. Je crève de faim." soupira-t-elle finalement, sans mentir.

24/06/2024 21h52
Fëanor de Torea
Fëanor de Torea

Apparemment, Elindine n'était pas motivée pour participer à l'effort de lecture. Elle le supplia même de ne pas prendre sa part... Malheureusement, ils n'avaient pas le choix, les connaissances de Fëanor en Cyfand n'étaient clairement pas suffisantes pour espérer tirer quoi que ce soit d'intéressant de certains de ces livres.

Bête ? Pourquoi pense-t-elle ça ?

Il allait protester lorsqu'elle s'interrompit, plongée dans ses souvenirs. Le prêtre en eut un pincement au cœur. La seconde suivante, elle fit mention de son trou à l'estomac... Ce qui provoqua aussitôt des gargouillis sonore dans son propre ventre.
Le rouge aux joues, il regarda par les fenêtres avec angoisse.

- Je... Je suis d'accord. Mon dernier repas date de bien trop longtemps... Chuchota-il.

Regardant l'enceinte de la ville, ses yeux se posèrent sur les maisons abandonnées autour d'eux. Dans sa tête, il revivait les discussions entre crèves-la-faim venus chercher un bol de soupe auprès des prêtres...

- Mais oui... Fit-il soudain en revenant à Elindine, le sourire aux lèvres.
" Toutes ces bâtisses vides ! Il y a comme une zone tampon qui s'est créée, de peur d'être victime de la malédiction des noyés !
" Il y a donc très peu de risques de voir débarquer qui que ce soit ici...

Son sourire s'estompant, il eu l'air déçu tout à coup.

- Mais cela ne nous amènera pas à manger...
" Par contre...

Fermant les yeux, il serra dans une main le pendentif en forme de flocon de neige qu'il portait toujours autour du cou et ses lèvres bougèrent en silence, comme s'il faisait une prière.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, son sourire était revenu.

- Ma Dame peut nous aider à purifier l'eau et la nourriture que nous pourrons trouver dans les environs.
" Au moins, nous ne devrions pas mourir de faim...

27/06/2024 13h49